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BOURSE D'ECHANGE B1, LE CADEAU EMPOISONNE !

La direction de la ligne 6 propose l’expérimentation d’un projet de bourse d’échange pour les agents de station (service contre service, service contre repos, TS contre repos...).
Cette bourse d’échange est dans la ligné du « travailler plus pour gagner plus » mais malheureusement pas dans la logique !!! Dans le même temps comme dit l’autre, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». Mais alors que cache cette bourse d’échange.
La direction propose que ce dispositif soit basé sur le « volontariat ». Concept qui lui est cher car il laisse entendre que l’agent est libre de s’y inscrire et qu’en contre partie la direction sera attentive à son choix. La réalité est plus sombre …. Même si 204 agents sur les 250 B1 de la ligne 6, ont répondu négativement au sondage diffusé par la direction ou pas juger nécessaire d’y répondre, ne sont pas intéressés par cette bourse.

A chaque fois que la direction s’est appuyée sur ce concept de « volontariat » elle l’a fait dans un cadre réglementaire qu’elle n’a jamais respecté (protocole, relevé de décisions, …). Elle ne le respecte pas car elle se sert de l’aspect de volontariat comme outil de management.

Dans cet environnement du volontariat il n’y a ni équité, ni règle de priorité, mais un flou artistique avec lequel la direction aime manager. Les appels au volontariat pour les nuits exceptionnelles en sont la preuve, souvent diffusés au dernier moment, lorsque le nécessaire d’agents est atteint. Combien de fois des agents retenus pour travailler une nuit exceptionnelle ont été exclus avant la date prévue après avoir contrarié leur encadrement. Chacun dans son secteur peut citer des exemples, voir l’avoir vécu.
En plus ce volontariat est pervers car l’on peut monétiser ses repos en les faisant monter sur son compte TC/TS, lorsque l’on vient travailler un jour de repos pour remplacer un autre agent, lui en TC ce jour là. Le temps ainsi monté, sera comptabilisé en TS. La direction ayant décidé, dans le cadre de la loi TEPA (Travail Emploi et Pouvoir d’Achat) et des lois en faveurs du pouvoir d’achat de payer systématiquement le TS non utilisé en fin d’année et non converti en temps repos sur un CET (Compte Épargne Temps). Cela paraissait anodin car la direction qualifie cette situation d’ « opération blanche ». Mais ce qu’elle omet de dire c’est que l’on entre donc dans le traitement des heures supplémentaires.

Qui dit heures sup’ dit : si la direction le veut bien. Elle a toute latitude pour rejeter ou pour créer une demande. La seule règle du volontariat c’est celle du choix, celui de la direction ! Pour régulariser le compte repos, la direction peut arbitrairement vous mettre d’office de repos ou inversement vous mettre travaillant un jour de repos. Second aspect mais loin d’être négligeable, les heures supplémentaires « défiscalisées » apparaissent sur la feuille imposition car cet argent vous a été versé en salaire. Vous n’êtes pas imposable sur ces heures supplémentaires mais elles apparaissent dans votre salaire de référence, celui qui sert à calculer votre quotient familial pour les prestations sociales, la cantine scolaire, les impôts locaux etc…Vous imaginez la suite !

Le plus grave dans cette démarche est le cynisme de ce projet. Les agents vont se financer leur pouvoir d’achat . Ce dispositif permettra ainsi à la direction de pallier au manque d’effectif. La RATP fait des excédents budgétaires depuis plusieurs années grâce à l’augmentation de la productivité qu’elle fait porter aux agents, et les agents station en savent quelque chose. Elle dit aux salariés : je ne vous augmente pas mais si vous voulez gagner plus, çà m’arrange je ne paie pas de cotisation sociale, je n’embauche pas. Il faut donc traduire ici : pour vous les salariés, vous allez être confronter à un problème majeur : l’aggravation du financement de votre protection sociale et de votre retraite. Parce que le problème des déficits qui se creusent n’est pas lié aux dépenses mais exclusivement aux recettes qui entrent péniblement pour assurer l’équilibre. Les exonérations de cotisations patronales et aujourd’hui salariales nous envoient donc droit dans le mur. Sommes nous prêt à assumer cela ?

Y compris que les agents B4 vont voir leur charge de travail s’accroître avec une nouvelle tâche de production pour la validation finale de l’échange. Ont-ils été consultés ? NON

Il n’y a pas 50 recettes pour augmenter notre pouvoir d’achat. La seule crédible est celle de l’augmentation du point de base sur le salaire. C’est légitime, pérenne et participe à la solidarité par l’intermédiaire de la protection sociale et de la retraite.


Cette bourse d’échange est en réalité une arnaque !